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L’INPES
présente les résultats du premier Baromètre
cancer. Ce
nouveau Baromètre sur le cancer s’inscrit dans le dispositif des
enquêtes de l’INPES centré sur
l’observation des comportements, attitudes, connaissances et opinions des
Français en matière de santé.
Pour la
première fois, plus de 4 000 Français âgés de 16 ans et
plus ont été interrogés sur ce qu’ils pensent du cancer en
général, de la prise en charge de cette maladie, sur ce qui, selon eux,
peut provoquer l’apparition d’un cancer, sur ce
qu’ils feraient en premier s’ils détectaient des signes leur faisant
penser qu’ils pouvaient avoir un cancer et bien d’autres sujets encore en
lien avec cette maladie. Cette
grande enquête nationale investit pour la première fois le champ des
perceptions et des croyances qui gravitent
autour du cancer. Elle s’inscrit dans
les priorités du Plan cancer en répondant à l’objectif de mieux comprendre
cette maladie.
Cette
enquête nous enseigne qu’en dépit des progrès préventifs et curatifs, le
cancer demeure encore aujourd’hui la maladie grave par
excellence. 92,3 % des Français le
mentionnent parmi les trois maladies qu’ils jugent la plus grave, devant
le sida (65,2 %) et les maladies cardio-vasculaires. Le monde apparaît aux Français potentiellement chargé
de facteurs cancérigènes. Ainsi, quel que soit le facteur proposé
(aussi improbable qu’il puisse paraître) au
moins quatre personnes sur dix estiment qu’il est certainement ou
probablement cancérigène.
Pour près
de 90 % des Français de nombreux cancers sont guérissables et la
douleur des malades est mieux prise en charge.
Mais, sans que ce soit paradoxal, cette perception des
progrès de la médecine s’accompagne d’une demande forte de prise en compte
de la dimension humaine dans le traitement de la
maladie. Ainsi, pour près de 60 % des Français, les médecins
s’intéressent plus à la maladie qu’au malade et une même proportion
considère que les malades du cancer sont
confrontés à des décisions unilatérales du médecin concernant les
traitements à suivre.
60 % des
Français pensent que l’on est aussi bien soigné dans un hôpital public que
dans une clinique privée, mais 45,8 % estiment qu’on est mieux soigné
quand on a plus d’argent.
Ce sentiment d’inégalité sociale dans le traitement de
la maladie est particulièrement ressenti chez les personnes à bas niveau
de revenus. Ce sont aussi ces personnes à bas revenus qui sont les plus
nombreuses à ne pas consulter un professionnel de santé quand elles ont un signe d’alerte : 12,7 %
déclarent préférer attendre pour voir si le symptôme disparaît de lui-même
contre seulement 7,8 % parmi les plus hauts
revenus.
Concernant
les facteurs de risques liés à la consommation de tabac ou
d’alcool, le déni du risque dont on parle parfois est davantage
un déni de son propre risque et non du risque en général. Le consommateur à risque a tendance à relativiser, à
minimiser son propre risque et à adopter en quelque sorte une stratégie de
défense qui peut du même coup contrecarrer les messages de prévention.
Tous ces
résultats et bien d’autres (sur le soleil, le dépistage…) fournissent à
l’institut et à tous les organismes intéressés par ces données une
meilleure perception des modes de vie de nos contemporains. Le Baromètre cancer participe ainsi à l’évaluation et à
l’orientation des politiques publiques de prévention et d’éducation pour
la santé. (Source INPES
décembre
2006) |